Introduction
Les messageries instantanées au travail, Slack, Skype, Microsoft Teams et consorts, permettent de communiquer très facilement.
On accède à tous ses collègues en quelques frappes, sans formalisme, avec des réponses souvent rapides. On peut avancer sur un sujet, partager une information, une blague, parfois même une vidéo de chatons.
Tout cela rend le canal extrêmement tentant.
Le problème, c’est justement cette facilité. Parce qu’il est simple d’envoyer un message, on finit par en envoyer trop.
Quand le chat devient un bruit de fond permanent
Sur les tchats, on découpe souvent une idée en plusieurs messages, on partage des liens futiles, on échange des commentaires secondaires.
Individuellement, chaque message paraît anodin. Collectivement, ils deviennent un flot continu.
Cette surcharge d’informations a plusieurs effets négatifs.
D’abord, elle génère du stress. La peur de rater une information importante, ce qu’on appelle la FOMO, devient permanente. Ensuite, il devient difficile d’identifier ce qui est réellement pertinent au milieu de dizaines ou centaines de messages. On perd du temps à chercher, et la qualité des décisions se dégrade.
Mais surtout, le chat interrompt sans cesse le travail. Il empêche d’entrer dans des phases de concentration prolongée, exactement ce que décrit la loi de Carlson, selon laquelle une tâche réalisée en continu demande moins de temps et d’énergie.
Ce que vous pouvez faire à titre personnel
La première chose consiste à réduire drastiquement les interruptions.
Activer le mode “ne pas déranger” sur votre messagerie instantanée coupe les notifications et envoie un signal clair. Vos collègues comprennent que vous ne répondrez pas immédiatement, ce qui décourage les sollicitations non urgentes.
Encore plus efficace, fermer complètement l’outil lorsque vous travaillez sur une tâche importante. Comme expliqué dans le pot de Nutella, résister aux tentations, ajouter de la friction entre vous et la distraction est l’un des moyens les plus puissants pour rester concentré. Si vous devez rouvrir volontairement l’application, vous serez beaucoup moins tenté d’y aller par réflexe.
Ces pratiques complètent naturellement le fait de supprimer les notifications et de créer votre bulle de concentration.
Les pratiques à encourager dans l’entreprise
Individuellement, vous pouvez déjà faire beaucoup. Mais l’impact est encore plus fort quand certaines règles sont partagées au sein d’une équipe.
La première consiste à réserver le chat à ce pour quoi il est vraiment utile.
Les urgences réelles, les questions rapides de disponibilité, la veille légère ou les échanges informels. Pour les sujets importants, structurants ou engageants, l’email reste beaucoup plus adapté, comme expliqué dans la communication asynchrone. Il permet de regrouper l’information, de donner du contexte avec un objet, et de retrouver facilement les échanges plus tard.
La deuxième pratique consiste à utiliser correctement les canaux. Les espaces “général” devraient être l’exception, pas la règle. Chaque message envoyé dans un canal trop large interrompt inutilement des personnes concernées de loin ou pas du tout.
La troisième bonne pratique est de regrouper ses messages.
Envoyer “salut, ça va ?” puis attendre une réponse avant de poser sa question provoque deux interruptions au lieu d’une. Encourager des messages complets et directs permet de limiter ces micro-coupures de concentration.
Protéger son temps pour travailler vraiment
Encore une fois, l’objectif n’est pas de diaboliser les messageries instantanées. Elles ont leur utilité et peuvent renforcer le lien social.
Mais si elles deviennent le canal par défaut pour tout, elles finissent par transformer vos journées en une succession de réactions, au détriment de votre travail de fond.
Protéger votre attention, c’est vous donner la possibilité de travailler vraiment quand vous êtes à votre bureau. Et utiliser ensuite le temps gagné pour de vrais moments d’échange, autour d’un café ou d’un verre, plutôt que via un flux continu de messages.
Aller plus loin
Si vous voulez recevoir chaque jour un email court pour vous aider à mieux protéger votre concentration, réduire les interruptions et reprendre le contrôle de votre temps, laissez simplement votre adresse ci-dessous.
Un email par jour.
Pas plus.
Juste ce qu’il faut.