Introduction
Après avoir limité les interruptions des machines, en particulier en supprimant toutes vos notifications, il reste un autre problème, plus sournois.
Les distractions que vous allez chercher vous-même.
Personne ne vous a “interrompu”, aucun pop-up ne vous a agressé, et pourtant vous vous retrouvez à scroller, à lire des titres d’articles que vous n’aviez pas demandés, ou à cliquer sur des pastilles rouges “juste une seconde”.
Les tentations sont partout, et elles adorent l’ennui
Les tentations vous appellent surtout quand la tâche est un peu pénible, ou un peu floue, ou un peu longue.
Vous êtes en train de rédiger une proposition commerciale, vous devez trouver un visuel, et sans vous en rendre compte, vous finissez sur un réseau social. Vous ouvrez votre outil de chat interne “juste pour vérifier”, et vous y restez dix minutes.
Le point important, c’est que la plupart de ces plateformes ne sont pas neutres. Leur objectif est de vous garder le plus longtemps possible.
C’est pour ça que la lecture automatique existe, que les titres sont de plus en plus aguicheurs, et que les interfaces sont construites pour récompenser la réactivité.
Dopamine, automatisme, et illusion de contrôle
Sur le papier, vous vous dites, “j’arrête quand je veux”.
Dans la réalité, vous êtes face à une mécanique de gratification immédiate. Votre cerveau préfère la petite récompense tout de suite, même si elle coûte cher en attention.
À force, ce n’est plus une tentation, c’est un automatisme. À la moindre micro-baisse d’attention, vous cherchez une porte de sortie.
La stratégie clé, ajouter un maximum de friction
L’autodiscipline pure, c’est héroïque, mais c’est une stratégie fragile.
La méthode la plus fiable consiste à rendre l’accès aux distractions plus difficile, de sorte que chaque détour devienne un choix conscient.
L’image la plus simple est celle du pot de Nutella.
Résister au pot posé dans le placard est possible, mais le moyen le plus efficace, c’est d’éviter de l’acheter.
Pour les distractions numériques, c’est la même logique.
1) Rendre les applis moins accessibles
Déplacer une app dans un dossier, la mettre sur un écran éloigné, c’est déjà un début, mais vous risquez d’apprendre le chemin par cœur.
La version plus radicale, et souvent plus efficace, c’est de supprimer l’app du téléphone.
Si vous avez vraiment besoin d’un accès, passez par le navigateur. Ça garde l’outil disponible, mais ça casse l’accès “réflexe”.
2) Bloquer les réflexes sur ordinateur
Le piège, c’est que les automatismes reviennent vite, surtout sur ordinateur, avec les raccourcis, l’historique, et les onglets.
Dans ces cas-là, les outils de blocage peuvent être très utiles, pas pour “interdire”, mais pour ralentir. Le temps de friction vous redonne une fenêtre de choix.
Il existe aussi des extensions qui masquent les flux (news feed) pour ne garder que les fonctions utiles, comme répondre à un message, sans vous aspirer dans un déroulé infini.
Par exemple :
- News Feed Eradicator : extension Chrome
- Blocksite : blocksite.co
3) Enlever la tentation de la table
Évitez de poser votre smartphone devant vous quand vous êtes avec quelqu’un, ou même quand vous bossez.
Le simple fait de le voir augmente la tentation.
Même combat pour les montres connectées, qui transforment votre poignet en distributeur automatique d’interruptions.
Les “outils de parking”, votre antidote aux liens qui vous happent
Un autre piège classique, c’est quand on vous envoie un article ou une vidéo “à regarder”, et que vous avez envie de le consommer tout de suite.
Vous avez alors besoin d’un endroit clair où garer ces contenus, pour les traiter plus tard, au moment choisi.
Un exemple d’outil de parking : Pocket.
L’idée est simple, vous capturez le lien, vous l’étiquetez si besoin, et vous le relisez dans un créneau prévu. Pas pendant que vous essayez d’avancer sur une tâche importante.
Résister, ce n’est pas se priver, c’est reprendre la main
Le but n’est pas de devenir un moine numérique.
Le but, c’est que ce soit vous qui décidiez, et que la distraction redevienne une pause choisie, pas un réflexe subi.
Dans la suite du chapitre, on va voir comment compléter ça en protégeant votre attention des sollicitations extérieures, avec créer votre bulle, et plus globalement comment préserver des séquences de travail continues, comme expliqué dans la loi de Carlson.
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