Introduction
Faire des pauses pour mieux travailler est profondément contre-intuitif. On a tendance à croire que pour finir plus tôt, il faudrait enchaîner les tâches sans s’arrêter. En réalité, c’est exactement l’inverse.
Notre capacité de concentration repose sur une réserve d’énergie cognitive limitée. Le cerveau n’est pas une machine capable de tourner à pleine puissance en continu. Se concentrer fatigue. Plus on force, plus l’efficacité chute. Et quand l’efficacité chute, on met plus de temps à produire un résultat de qualité.
Faire une pause de dix minutes peut donc être bien plus rentable que forcer pendant une heure avec un cerveau à moitié vidé.
La concentration est une ressource finie
Contrairement à un ordinateur, notre cerveau a besoin de récupération.
Quand il fonctionne à plein régime trop longtemps, la qualité du travail se dégrade. On fait plus d’erreurs, on réfléchit moins bien, on perd en créativité.
La quantité de travail produite n’est jamais un bon indicateur de la qualité du résultat. Ce qui compte, c’est l’intensité réelle de l’attention que vous êtes capable de mobiliser. Cette logique rejoint directement ce que l’on observe dans l’état de flow, qui ne peut apparaître que lorsque l’énergie mentale est disponible.
Le repos comme la jachère
En agriculture, la jachère consiste à laisser une terre au repos pour qu’elle reconstitue ses ressources. Sans cette phase de repos, les rendements chutent à long terme.
Pour le cerveau, c’est exactement la même chose. Le repos permet de restaurer l’énergie mentale, de consolider l’apprentissage et de préparer les prochaines phases de concentration intense.
Travailler sans pause, c’est comme cultiver une terre sans jamais lui laisser le temps de se régénérer.
Combien de temps peut-on rester concentré
De nombreuses études ont tenté de déterminer un temps maximal de concentration. Les résultats varient énormément.
Certaines estiment ce seuil à 18 minutes, comme les conférences TED.
La méthode Pomodoro parle de 25 minutes.
D’autres études évoquent 90 minutes ou même deux heures.
La réalité est plus simple et plus frustrante. Le temps de concentration dépend des individus, du type de tâche et de l’état de forme du moment.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la baisse de concentration arrive toujours progressivement. On ne la perçoit pas tout de suite. Quand on s’en rend compte, il est souvent trop tard.
C’est pour cela qu’il est essentiel de s’imposer des pauses régulières, avant d’être épuisé. Exactement comme on boit avant d’avoir soif.
S’imposer une discipline de pause
La clé n’est pas de trouver le rythme parfait, mais d’en choisir un et de s’y tenir.
Toutes les trente minutes, toutes les heures ou toutes les deux heures selon votre ressenti.
Au début, un minuteur peut aider. Cette discipline est indispensable si vous voulez préserver votre capacité à travailler en profondeur, sans être constamment interrompu, comme expliqué dans créer sa bulle de concentration.
Que faire pendant une pause
Une pause n’est utile que si elle permet une vraie récupération.
Scroller sur Instagram ou Twitter n’est pas une pause efficace. Ces contenus sollicitent trop l’attention et génèrent un afflux de dopamine qui fatigue encore plus le cerveau.
Une bonne pause, c’est marcher quelques minutes, boire un café ou un verre d’eau, discuter tranquillement avec quelqu’un, regarder par la fenêtre, ou simplement ne rien faire.
Encore mieux, si vous y arrivez, une micro-sieste de dix à quinze minutes. Ces power naps sont parmi les moyens les plus efficaces pour restaurer l’énergie mentale.
Les pauses doivent rester agréables. C’est ce plaisir qui vous donnera envie de vous arrêter avant l’épuisement.
Les pauses comme source de sérendipité
Les pauses ne servent pas uniquement à récupérer. Elles sont aussi des moments propices à la sérendipité, ces découvertes imprévues mais utiles.
Une vraie pause déjeuner, une discussion informelle, une rencontre fortuite peuvent parfois débloquer un problème ou faire émerger une idée clé. Ces moments nourrissent indirectement la qualité du travail, exactement comme le repos nourrit la concentration.
Le travail des grands créateurs
De nombreuses figures historiques alternaient systématiquement travail et repos.
Charles Darwin travaillait par sessions d’une heure et demie, entrecoupées de longues balades.
Henri Poincaré limitait son travail intellectuel à quelques heures par jour.
Le Corbusier peignait le matin et ne travaillait au bureau que l’après-midi.
Ces rythmes n’étaient pas des signes de paresse, mais une compréhension fine du fonctionnement humain.
Le repos à toutes les échelles
Les pauses doivent être pensées à l’échelle de la journée, mais aussi de l’année et de la vie.
De vraies vacances, des temps off prolongés, voire des congés sabbatiques sont souvent ce qui nourrit le plus durablement l’énergie, la créativité et le sens.
S’arrêter n’est pas perdre du temps.
C’est investir dans la qualité de ce que vous ferez ensuite.
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